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Nairobi : L’IPPF-Région-Afrique a présenté le Rapport sur le Statut de la femme africaine

Nairobi : L’IPPF-Région-Afrique a présenté le Rapport sur le Statut de la femme africaine

25 Juillet 2018

Des avancées remarquables en matière des Droits en Santé Sexuelle et de la Reproduction mais des défis restent à relever

Le Rapport sur le Statut de la femme, c’est une étude documentée qui présente l’état de la femme africaine vis-à-vis de ses Droits notamment en matière de santé sexuelle et de la reproduction, mais aussi en Planification familiale (DSSR/PF). C’est le fruit d’un travail de fond mené dans plusieurs pays d’Afrique par la Fédération Internationale pour la Planification Familiale Région Afrique (IPPF-AR) avec l’appui de ses partenaires et en collaboration avec des Organisations de la Société Civile (OSC) engagées dans les questions de (SSR/PF). Ces acteurs se sont retrouvés dans le « Consortium du Projet sur la Campagne sur l’Etat de la Femme (SoAWC) », qui vise à contribuer à la sécurisation, la réalisation et à l’extension des droits des femmes consacrés dans les politiques des pays africains. Cette étude réalisée sur le continent est assortie d’un document de photographie générale sur la situation de la femme et ses droits en SSR, intitulé «Rapport sur le statut de la femme africaine».

Le lancement officiel dudit rapport a été fait à Nairobi au Kenya lors du dialogue régional sur l’avancement de l’égalité des sexes et des droits en Afrique du 2 au 3 juillet 2018. La rencontre a rassemblé plus de 200 acteurs étatiques, Partenaires Techniques et Financiers (PTF), mais aussi et essentiellement des OSC. Ils sont venus de plus de 44 pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe pour se concerter, examiner et échanger sur la situation de la femme africaine. Ce fut ainsi une occasion propice pour ces acteurs de faire la revue des progrès en matière des droits sexuels et de la reproduction en Afrique, mais également, plancher sur les goulots d’étranglement depuis la Conférence internationale sur la population et le développement 25 ans après [CIPD + 25] et la Déclaration d’Addis- Abeba sur la population et le développement en Afrique au-delà de 2014 [AADPD + 5]. C’est l’’honorable Antonio Niquice, Président de IPPF-AR qui a procédé au lancement solennel du Rapport dans la journée du lundi 02 juillet 2018 au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’Hôtel Crowne Plaza de Nairobi. « Ce rapport vise a donné de l’élan au Protocole de Maputo et à faire comprendre davantage l’importance et la place du respect des Droits de santé sexuelle et de la reproduction dans le développement de l’Afrique » a-t-il affirmé.

Un instrument de plaidoyer
La préoccupation première de l’IPPF est de faire avancer les DSSR et garantir un bien-être des filles et femmes en Afrique. Ainsi pour les OSC, il s’agit de faire en sorte que le Protocole de Maputo soit beaucoup plus observé. Ce rapport met ainsi en exergue le niveau de mise en oeuvre des politiques adoptées jusque-là par les Chefs d’Etats et de gouvernements dans le cadre de l’amélioration de la situation des femmes. Il ressort également les difficultés dans la mise en oeuvre effective des stratégies politiques par les Etats. Le rapport se montre donc comme un miroir pour les décideurs politique sur leurs limites vis-à-vis de la mise en oeuvre du Protocole de Maputo. Il reste aussi un outil de plaidoyer en matière des Droits en Santé Sexuelle et de la Reproduction. « L’IPPF et ses partenaires surtout la société civile, attendent à travers ce rapport, accélérer la mise en oeuvre des textes ratifiés, compléter les efforts qui sont faits, booster l’engagement de tous acteurs afin de s’assurer que personne ne soit laissée de côté », a ajouté le Président de IPPF-AR M. Antonio Niquice.


Vue partielle de l’assistance lors du lancement du Rapport

Selon M. San Ntelomo, Chef du Bureau de liaison de l’Union Africaine à la Commission de l’Union Africaine (CUA), les aspirations contenues dans l’agenda 2063 de l’Union africaine et le cadre de développement durable 2030 ne pourront se réaliser sans un renforcement de la gouvernance, des systèmes politiques et économiques fondés sur les droits humains, l’égalité des sexes, l’intégrité et la disponibilité des ressources publiques, la prestation des services, l’inclusion et l’investissement dans le développement humain. Dans son intervention, le Directeur Exécutif de l’IPPF-AR, M. Lucien Kouakou, a retracé l’historique des engagements pris par la communauté internationale pour les DSSR. De nombreux traités, conventions et accords ont affirmé ces droits il y a 50 ans. Ceci va de la Conférence internationale de Téhéran (Iran) en Mai 1968, au Sommet sur le Développement Durable de 2015, en passant par la conférence de mexico en 1984 qui a prôné le droit à l’accès à la PF ; la Conférence de Rio sur la promotion de la l’éducation de femme ; la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) en 1994, la déclaration de Beijing, la Déclaration d’Addis- Abeba etc. « Toutes ces conventions ont reconnu et recommandé l’accès aux services de santé sexuelle et de la reproduction », a précisé le Directeur Exécutif de l’IPPF-AR.

Que retenir du contenu du rapport
C’est un document d’environ 300 pages. Il se présente comme une synthèse du protocole de Maputo, qui est un instrument de politique continentale sur la santé de reproduction et des droits sexuels. Le rapport met l’accent sur un certain nombre de réalités sur les enjeux de la qualité de vie des familles telles que : le genre, l’égalité des sexes, les décès maternelles, le Vih/Sida, les pratiques néfastes comme le mariage forcé ou les MGF, les grossesses non désirées, les violences sexuelles et sexistes, les communautés marginalisées, l’accès aux ressources et les questions liées à l’avortement ou encore aux minorités sexuelles.
Il établit une catégorisation des pays en trois groupes sur la carte du continent: La couleur verte, pour les pays qui ont réalisé un progrès dans l’application des résolutions en faveur de la femme, la couleur orange, pour ceux des pays qui n’ont pas totalement respecté ses engagements, mais sont en voie de le faire et la couleur rouge pour désigner que rien n’a été fait par certains pays.
Ce rapport reste en conséquence un outil sur lequel les OSC pourraient s’appuyer pour renforcer leur contribution dans la mise en oeuvre des droits des femmes et des filles en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs.
Plusieurs partenaires ont appuyé ce travail. Il s’agit entre autres de : l’UNPFA, la Communauté économique de l’Afrique de l’Est, la CEDEAO, la GIZ, l’Union européenne, l’Union Africaine, la CEA, le Réseau européen de l’IPPF, la Commission de l’Union Africaine (CUA).

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